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Dimanche 30 septembre 2007 7 30 /09 /Sep /2007 14:21

Je n'ai pas la prétention, loin de là, de connaitre aussi bien que Beber ou Miss Eronrouge toutes les arcanes du rugby. Mais je crois pouvoir dire que grâce à un grand-père originaire du sud-ouest, terre mythique de l'ovalie hexagonale, j'ai bénéficié dans mon enfance d'une certaine éducation aux us et coutumes du ballon ovale. Aussi la présente Coupe du Monde ne m'est pas totalement étrangère. Et, qui plus est, elle me permet de revenir un peu en arrière et de comparer la période que nous vivons à ces années où je regardais sur le petit écran les exploits des dernières générations d'amateurs, celles allant de Jean-Pierre Rives à Philippe Sella. Nul n'est besoin de dire qu'aujourd'hui cette époque est belle et bien morte et enterrée. A tel point qu’il est possible de se demander si le mot pub n’a pas changé de définition. D'habitude en rugby ce mot se prononce "peub" et est synonyme de bars irlandais ou anglais, d'instants traditionnels de troisièmes mi-temps aussi joyeuses qu’houblonnées. Mais depuis plusieurs années maintenant, et singulièrement depuis le 7 septembre dernier, il semblerait que cette acception soit en passe d'être supplantée par la simple abréviation du mot publicité.

Elles sont venues, elles sont toutes là, les marques. Les marques qui sponsorisent la Coupe du Monde, mais aussi l’équipe de France ou celle des All Blacks. Et même celles qui ne sponsorisent rien ni personne veulent profiter de l’éclairage mondial que cet évènement leur donne. Tout est bon, de l’affichage en 4 par 3 dans les centres ville aux spots assénés avant, pendant et après les matchs. Oui, tout est bon, de l’utilisation d’anciens internationaux à celle des sacrosaintes valeurs de l’ovalie. Mais justement, face à un tel déferlement médiatique et argentier, il est possible, et même souhaitable selon moi, de se demander où sont donc passées les dites-valeurs ? Solidarité, fair-play, camaraderie, humanisme, altruisme ne se sont-ils pas perdus dans la mondialisation et la marchandisation de ce sport, de ce jeu ? A force de vouloir se rapprocher du sport roi, le football, le r
ugby n’aurait-il pas finalement perdu ce qui faisait, si ce n’est son essence, tout du moins sa spécificité ?

Le rugby a, de tout temps, était considéré comme un sport de voyous pratiqué par des gentlemen, un sport rude, viril au possible mais aussi humble, sincère. Où est donc l’humilité dans ce déferlement médiatique comparable à une attaque des All Blacks ? Où est donc la sincérité quand il s’agit, avec un même produit d’appel, de nous vendre voitures, assurances, services bancaires et autres crèmes apaisantes ? Où sont donc passées ces sacrosaintes valeurs quand on voit les français s’afficher partout et pour tout, y compris dans des calendriers que n’aurait pas renié le lecteur du défunt Gay-Pied Hebdo. Où sont donc passées ces valeurs quand écossais et néo-zélandais acc
eptent de jouer un match en arborant quasiment les mêmes couleurs, juste parce que leurs sponsors respectifs avaient décidé de toucher à leurs maillots habituels, car qui dit nouveau maillot dit nouvelles ventes ?

Et où sont ces valeurs quand tous les joueurs désormais, du plus petit de la plus petite des nations jusqu’au pilier néo-zélandais, ont des bras comme mes cuisses et des cuisses comme des poutres maitresses? Où est passé ce principe selon lequel tous les hommes du village pouvaient jouer sans être ridicule ? De la grande asperge au petit nerveux en passant par le pilier nourri au cassoulet toutes les morphologies mais aussi toutes les origines sociales, toutes les ethnies étaient, voir devaient, être représentées. Aujourd'hui, alors que les rugbymen professionnels ressemblent de plus en plus à des haltérophiles sous stéroïdes, que reste t'il de ce mélange des êtres? Aujourd'hui, alors que la 6ème édition de la Coupe du Monde en termine avec la phase dite "de poules", qu
e reste t'il de ces valeurs ? Et je ne parle même pas du fait que 60% des matchs ne soient accessibles que sous réserve d’être un abonné payant à un network cripté …

En cherchant, pas très longtemps d'ailleurs il me faut bien l'avouer, j’en ai retrouvé quelques unes, tout au long de ces semaines de compétition. J’ai retrouvé la vaillance chez toutes ces équipes dites « petites » qui sont arrivées, à un moment ou à un autre, à marquer un essai à leurs adversaires néo-zélandais, australiens ou sud africains. J’ai retrouvé l’humilité chez les cadres argentins qui, bien qu’évoluant dans les plus grands c
hampionnats et bien que champions du monde junior il y a une dizaine d’année pour beaucoup d’entre eux, sont rentrés la tête la première dans cette compétition, sûrs d’eux mais respectueux de leurs adversaires. Ces argentins qui depuis une demi douzaine d'années maintenant font régulièrement le bonheur des clubs français et qui ont peut être, par un cruel retournement du destin, fait le malheur de l'équipe de France en la battant lors du match inaugural. Chez les français, justement, j’ai retrouvé la solidarité, ils ont été touchés lors du premier match mais jamais ils n’ont été coulés, même si sous le toit de Cardiff, dans 7 jours, la marée noire devrait être une réalité ne faisant plus seulement peur aux écologistes bretons. J’ai retrouvé le simple plaisir de jouer, de « se dépouiller » pour l’autre chez les tongiens. J’ai vu aussi de la classe pure dans certains mouvements sud africains, qui sont tout autre chose qu’une équipe construite de bric et de broc, pour le politiquement correct. Et j’ai vu aussi, et surtout, les inattendus fidjiens venir sans coup férir régler son compte au rugby gallois.

Bref, j’ai vu de belles choses, vivement le week-end prochain et vivement qu’en quart les bleus nous refassent la demie-finale de 1999 !

(PS : En illustration, un petit "medley" de cette demie-finale mythique, France : 43 - Nouvelle Zélande : 31).



Par krissolo - Publié dans : Miscellanees de 2007
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Mercredi 26 septembre 2007 3 26 /09 /Sep /2007 23:52

En relisant les deux petits articles que j'ai posté jusqu'ici, je me suis vite aperçu que, pour mon retour dans la blogoboule, je n'avais pas été très enjoué. Je vous ai successivement proposé une vidéo plutôt "trash" - que je ne peux une nouvelle fois que vous conseiller vivement de regarder si vous ne l'avez pas encore fait - et un article célébrant la mémoire de deux personnes disparues récemment. C’est donc l’esprit badin et le cœur léger que je poste cet article. Ce post porte sur une petite info passée plutôt inaperçue jusqu’ici, en dehors de la blogoboule. Hasbro, détenteur des droits du Monopoly, jeu de plateau le plus vendu au monde, a lancé il y a quelques temps le Monopoly des villes françaises. Il s’agit de choisir quelles seront les villes qui remplaceront les traditionnelles 22 cases habituellement dévolues par exemple à l’avenue des Champs-Elysées, à la Place Pigalle ou à la rue Lecourbe. Il ne reste plus que 13 jours pour voter et, à l’heure actuelle, la mythique Rue de la Paix est remplacée par un surprenant petit village. Les grandes métropoles françaises ne sont en effet pas à la fête. Toulouse, 1ère d’entre elles, n'arrive qu'à la 12ème place, Lille est 15ème et Lyon 19ème. Pire, Marseille, Bordeaux, Nice et, comble de l’outrage, Paris ne figurent même pas sur le plateau.

A qui revient alors l’illustre honneur d’occuper la 1ère place ? A une petite bourgade du Lot, rendue célèbre par le plus fameux sketch de l’antique émission Le petit rapporteur, j’ai nommé Montcuq. Bien évidemment, des slogans comme "Votez pour Montcuq" ou "Montcuq sur un plateau" viennent tout de suite à l’esprit et prouvent, s’il en était encore besoin, que les français font preuve d’un mauvais esprit tout à fait réjouissant. Quoi la multinationale du jeu serait obligée de réaliser son édition limitée avec Montcuq comme carte majeure ? Voilà qui serait piquant et qui, quelques jours après le décès de Jacques martin, rendrait parfaitement hommage à celui qui fut, ne l’oublions pas, le 1er des trublions de la télévision. L’ancêtre de tous les amuseurs qui se sont depuis, avec plus ou moins de plaisir et de réussite, succédés à l’antenne. Et si vous n’en êtes pas certains, allez faire un tour sur DailyMotion ou sur UTube, vous devriez trouver ce fameux sketch où Pierre Bonte demande innocemment au Maire de l’époque où peut bien se trouver l’arrêt de bus du village ? L’arrêt de Montcuq bien entendu … Ce n’est pas très fin mais, à l’époque, il fallait vraiment oser !

Et bien puisqu’oser semble de nouveau possible, et que nous ne sommes plus à une absence de finesse prêt, emboitons le pas de tous ces internautes et votons nous aussi. Votons, pas pour Montcuq, ni pour Dunkerque ou Reims, toutes 3 sur le podium, mais pour d’autres riantes cités de notre bien aimé hexagone. Votons pour les classiques Deauville, Joinville et Trouville. Votons pour Condom, dans le Gers, citée qui, indubitablement, devrait être jumelée à Gland du coté de la Suisse, à Seix en Ariège ou même à Poil. Votons pour tous les Bourg possibles et imaginables, de Bourg la Reine dans le 94 à Bourg-Madame pas loin de Sisteron et à Hell-Bourg, charmant village de La Réunion. Mais, en voulant jouer encore plus des consonances, votons pour Arnac la Poste (et l’EDF aussi !), Massy Palaiseau (car ça fait super mal !) ou Jouy-en-Josas (mais pas ailleurs c’est défendu !) … Et je n’évoque même pas ici la légende selon laquelle trois bourgades se seraient retrouvées sur un seul et même panneau indicateur pour former une phrase entière. Cela donnait Aubonne, Gimel, Gland et malheureusement Gimel aurait été supprimé suites à diverses plaintes.

Bref, je pourrais encore continuer longtemps. En vous amenant par exemple du coté de Knot le Zout. Mais nous sortirions alors du territoire imparti puisque qu’il s’agit d’une bourgade d’outre-Quievrin. Pour conclure, je dirais donc que voter pour Montcuq c’est bien, mais que nous pouvons faire mieux. Que nous pouvons rendre encore plus mal à l’aise les propriétaires d’Hasbro qui, parait-il, songeraient fortement à éliminer Montcuq de la course. Alors, tous sur le site du Monopoly, votons, et que le meilleur gagne !



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Par krissolo - Publié dans : Miscellanees de 2007
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Mardi 25 septembre 2007 2 25 /09 /Sep /2007 20:10

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En novembre 2006, une série de décès avait frappé le cinéma avec les disparitions rapprochées de MM. Francis Girod, Robert Altman et Philippe Noiret. Le mois dernier, le 7ème art fut de nouveau frappé d’un semblable et macabre enchaînement avec les morts de MM. Michelangelo Antonioni, Ingmar Bergman et Michel Serrault. Krissolo, mon cher avatar, n’était pas réapparu alors mais je souhaite maintenant, en commençant ce post, leur rendre un modeste et admiratif hommage, à tous les trois. Pourquoi, plus d’un mois après leurs décès, revenir sur ces faits si tristes ? Tout simplement parce qu’en amateur de cinéma depuis mes 13 ans, ils ont tout trois influencé ma cinéphilie. Et aussi parce que la loi des séries semble avoir encore frappé ces derniers jours en emportant, cette fois, deux des intellectuels français les plus novateurs et les plus dérangeants de ces 30 ou 40 dernières années, j’ai nommé MM. Jean François Bizot et André Gorz.

Ils n’étaient pas de la même génération. Le 1er avait fait Mai 68 et en était sorti sans jamais devenir un de ces pontes bien pensants et aux émoluments rebondis que notre « omniprésident » dénonce avec autant de virulence que de stratégie politicienne. Le 2nd avait été résistant et s’en était sorti, tout court, quand tant d’autres y étaient restés, à jamais. Et je ne parle pas ici seulement de Guy Moquet, devenu à sa mémoire défendante, une star posthume d’un sarkosisme déjà vacillant …

Ils n’étaient pas de la même génération, donc, mais ils étaient habités tous les deux par des valeurs qui me touchent au plus profond, l’honnêteté, la sincérité, la lucidité. Ils sont tous les deux morts comme ils ont vécu, debout.

Jean-François Bizot avait décidé en 1970, avec une bande de copains dont faisait alors partie un certain Bernard Kouchner, de transformer Actuel, une publica
tion née fin 68, en un journal underground. Avec Hara Kiri, et à un degré moindre Libération, ce magazine fut l’emblème de ce qui fut appelé à l’époque la « contre culture ». Une culture construite sur les ruines de celle morte au quartier latin et qui exaltait autant la liberté sexuelle que l’utopie, les nouvelles technologies ou l’écologie, de nouvelles valeurs.
En 1981, dans le même esprit que son magazine, il profita de la liberté des ondes mitterrandienne pour fonder Radio Nova. Là encore le succès fut au rendez-vous-même si, dans les deux cas, il lui fut beaucoup – et parfois à juste titre - reproché un certain parisianisme.

André Gorz, né à Vienne en février 1923 sous le nom de Gerard Horst, aura aussi fondé un hebdomadaire, en 1964. Et cette publication, le Nouvel Observateur, deviendra très vite et restera pendant plusieurs décennies l’hebdomadaire de référence de la gauche dite « de gouvernement ». Soyez en certains chers lecteurs, fonder un hebdomadaire ouvertement classé à gauche, mais non communiste, dans les années 60 - soit en pleine apogée de la guerre froide et en pleine hégémonie du PCF - cela relevait d’un courage certain, si ce n’est d’un courage certain. Mais l’homme n’en manquait pas, lui qui une vingtaine d’années plus tôt, s’était engagé dans la Résistance. Comme il ne manquait pas d’une vision politique forte. Considéré comme un penseur de l’écologie politique et de l’anticapitalisme il a également tout au long de sa vie beaucoup publié, étant notamment un des premiers à rapprocher les deux concepts, et les deux réalités, que sont l’écologie et la politique.

Jean-François Bizot s’est éteint le 08 septembre dernier, à 63 ans à peine, « des suites d’une longue maladie », comme il était coutume de dire autrefois. Mais cet enrobage bien pensant d’une cruelle réalité ne lui aurait pas plu. Disons le tout net, il est mort d’un cancer. Il l’avait d’ailleurs app
rivoisé ou, du moins, il avait pris du recul par rapport à cette maladie. Au point de lui donner un surnom, Jack, et d’en parler à livre, à cœ
ur ouvert dans un ouvrage édité en 2003 chez la prestigieuse maison Grasset : « Un moment de faiblesse ».

André Gorz lui, à 84 ans, a décidé ce lundi de se donner la mort. Depuis les années 90, il avait pris sa retraite, s’était retiré de la vie parisienne et vivait avec son épouse dans la région de Troyes. Il s’est suicidé, donc, en compagnie de son épouse. Lui aussi avait décidé de parler de cette hypothèse dans son dernier livre car vivant un amour fusionnel avec sa femme il avait sans fausse pudeur évoqué l’insurmontable difficulté qu’aurait l’autre à survivre une fois sa moitié disparue.

Cancer, suicide, deux mots tabous, deux tabous que tous les deux ont décidé d’affronter, en pleine lumière. Peu nombreux sont ceux qui, aujourd’hui, me paraissent pouvoir prendre le relai. Paix à leurs âmes.

Photo Béatrice Grange (2002).

Par krissolo - Publié dans : Miscellanees de 2007
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Dimanche 23 septembre 2007 7 23 /09 /Sep /2007 19:07

C'est en ces jours troublés où les All Blacks jouent en gris et où l'OM joue avec le maillot de l'AJA que je me décide à revenir. Non pas que la demande ait été si forte que je n'ai pu y résister, certes pas. Mais plutôt parce que la blogoboule me manquait, tout simplement.

Krissolo, saison 2, de blogourt à over-blog, je change d'hébergeur mais pas de propos.


Krissolo, saison 2, sous de nouvelles couleurs, avec un nouveau maillot mais toujours le  même désir de  communiquer, de partager.  Chers lecteurs, que vous ayez connu "vise l'ampleur" ou que vous découvriez mon univers au travers de ce  2nd blog, soy
ez tous les bienvenus.


Et p
our fêter ça, je vous propose de regarder le clip ci-après. Ce n'est pas tant que j'aime particulièrement The Prodigy, c'est juste que je trouve que ce clip là est une incontestable réussite où musique et images se lient pour ne plus lâcher l'auditeur-spectateur jusqu'au dénouement. Distayant et réflexif, tel est ce clip et tel sera, du moins je l'espère, ce blog.


@ + ...
 

 



Par krissolo - Publié dans : Miscellanees de 2007
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