| Septembre 2008 | ||||||||||
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J’aurais aimé pouvoir écrire aujourd’hui que s’était ouverte
hier à Paris une page nouvelle de l’histoire de France. J’aurais aimé pouvoir écrire que l’inauguration de la Cité nationale de l’histoire de l’immigration (CNHI) avait été célébrée comme il se
devait. Qu’étaient présents deux Présidents de la République, celui qui l’avait voulue et celui sous lequel elle avait été achevée. Et que cette
double présence, qui honorait ce bâtiment, était comme un passage de flambeau entre un français dit de souche ayant porté haut les valeurs de son pays et un autre français, fils d’immigré,
ayant accompli tout ce que l’intégration « à la française » permet d’accomplir.
J'aurais aimé pouvoir ecrire qu'elle s'était faite aussi en présence de l'actuel premier ministre et des ministres de l’immigration et de la culture. Qu’enfin paraissait s’être refermée
une plaie ouverte depuis trop longtemps, celle du racisme et de la négation de l’autre. Qu’enfin la France paraissait retrouver les idéaux qui avaient fait d’elle une nation admirée et chérie des
amoureux de la démocratie au travers du globe. Que les quotas d’expulsions et les tests ADN n’avaient finalement été qu’une parenthèse désenchantée, qu’une souillure sur les trois couleurs de
notre drapeau, qu’une écorchure déjà oubliée.
Las, tous ces beaux messieurs étaient absents hier. Ni Présidents, ni premier ministre en poste, ni même Brice Hortefeux, pourtant Ministre de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité Nationale et du co-développement n’ont pris la peine de se déplacer. Seule la ministre de la culture, accompagnée de l’ancien premier ministre Jean-Pierre Raffarin et de l’actuel maire de Paris étaient présents. Las, la page du racisme et de la xénophobie est loin d’être refermée et ces absences, conjuguées à la sinistre loi en préparation, nous démontrent s'il en était encore besoin qu'il ne fait pas bon émigrer en France.
Il parait qu'un français sur 3, s'il remonte 3 générations, a des ascendances immigrées. Si tel est le cas pour moi, je ne les connais pas mais, au niveau de mes arrières grands parents, il y a dans ma famille des émigrés qui ont quitté leurs pauvres campagnes pour aller tenter leur chance en Amérique du Sud. Ils y ont trouvé refuge, y ont fait souche et pour certains portent encore le nom que je porte. Chez eux, pas de Ministre de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité Nationale et du co-développement et pas Cité nationale de l’histoire de l’immigration mais toujours un souvenir, un sentiment ému pour la France.
Bien
sur, je ne me fais pas d’illusion. Je ne crois pas que la France puisse accueillir, selon la formule désormais consacrée, toute la misère du monde.
Et je ne fais pas d’angélisme non plus. Je ne crois pas que tous les immigrés, fils ou petits-fils d’immigrés soient des anges. Mais ce que je crois, ce que je sais, c’est que la
France s’est construite - aussi - grâce à l’immigration. Et que demain, comme hier, elle ne devra ni ne pourra faire autrement. Le tout est de le savoir et de se donner les moyens pour que cette
construction future soit une réussite. Mais est-ce vraiment ce que souhaitent nos édiles ? Etre certain de cela, j’aurais aimé …

Photo Stéphane de Sakutin - AFP
Ils ont dit