J'aurais aimé ...

Publié le par krissolo

J’aurais aimé pouvoir écrire aujourd’hui que s’était ouverte hier à Paris une page nouvelle de l’histoire de France. J’aurais aimé pouvoir écrire que l’inauguration de la Cité nationale de l’histoire de l’immigration (CNHI) avait été célébrée comme il se devait. Qu’étaient présents deux Présidents de la République, celui qui l’avait voulue et celui sous lequel elle avait été achevée. Et que cette double présence, qui honorait ce bâtiment, était comme un passage de flambeau entre un français dit de souche ayant porté haut les valeurs de son pays et un autre français, fils d’immigré, ayant accompli tout ce que l’intégration « à la française » permet d’accomplir. 

J'aurais aimé pouvoir ecrire qu'elle s'é
tait faite aussi en présence de l'actuel premier ministre et des ministres de l’immigration et de la culture. Qu’enfin paraissait s’être refermée une plaie ouverte depuis trop longtemps, celle du racisme et de la négation de l’autre. Qu’enfin la France paraissait retrouver les idéaux qui avaient fait d’elle une nation admirée et chérie des amoureux de la démocratie au travers du globe. Que les quotas d’expulsions et les tests ADN n’avaient finalement été qu’une parenthèse désenchantée, qu’une souillure sur les trois couleurs de notre drapeau, qu’une écorchure déjà oubliée.

Las, tous ces beaux messieurs étaient absents hier. Ni Présidents, ni premier ministre en poste, ni même Brice Hortefeux, pourtant Ministre de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité Nationale et du co-développement  n’ont pris la peine de se déplacer. Seule la ministre de la culture, accompagnée de l’ancien premier ministre Jean-Pierre Raffarin et de l’actuel maire de Paris étaient présents. Las, la page du racisme et de la xénophobie est loin d’être refermée et ces absences, conjuguées à la sinistre loi en préparation, nous démontrent s'il en était encore besoin qu'il ne fait pas bon émigrer en France.

Il parait qu'un français sur 3, s'il remonte 3 générations, a des ascendances immigrées. Si tel est le cas pour moi, je ne les connais pas mais, au niveau de mes arrières grands parents, il y a dans ma famille des émigrés qui ont quitté leurs pauvres campagnes pour aller tenter leur chance en Amérique du Sud. Ils y ont trouvé refuge, y ont fait souche et pour certains portent encore le nom que je porte. Chez eux, pas de Ministre de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité Nationale et du co-développement et pas Cité nationale de l’histoire de l’immigration mais toujours un souvenir, un sentiment ému pour la France. 

Bien sur, je ne me fais pas d’illusion. Je ne crois pas que la France puisse accueillir, selon la formule désormais consacrée, toute la misère du monde. Et je ne fais pas d’angélisme non plus. Je ne crois pas que tous les immigrés, fils ou petits-fils d’immigrés soient des anges. Mais ce que je crois, ce que je sais, c’est que la France s’est construite - aussi - grâce à l’immigration. Et que demain, comme hier, elle ne devra ni ne pourra faire autrement. Le tout est de le savoir et de se donner les moyens pour que cette construction future soit une réussite. Mais est-ce vraiment ce que souhaitent nos édiles ? Etre certain de cela, j’aurais aimé …


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Photo Stéphane de Sakutin - AFP

Publié dans Miscellanees de 2007

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gilbert 21/10/2007 10:31

J'ai fait un truc la-dessus, mais je te rejoins,
tout à fait. Mon pauvre musée des colonies, n'a pas de chance. Il arrive toujours trop tard dans un monde trop vieux. Et pourtant j'y ai passé des heures délicieuses enfant.

mamylette 16/10/2007 10:40

mon arrière-grand-père était italien,comme quoi il y a eu des immigrés de tous temps en france,ce que je craignais au soir de l'élection du président est encore plus désolant.Qu'aurait fait Ségolène,pas des miracles mais elle a les valeurs républicaines que l'on pouvait espérer.Merci de ta visite,j'avais enlevé un de mes favoris ne pensant pas le revoir ,il est revenu à sa place et je suis heureuse de le lire à nouveau.

croc 15/10/2007 11:22

mon père était italien, sa mère croate, la grand-mère de ma mère était espagnole, le père de ma mère avait des origines juives polonaises..... où serions nous, s'ils n'avaient pas trouvé refuge et naturalisation en France?

dominique 15/10/2007 06:41

bonjour, je démare donc ma promenade sur votre site en plein dans le vif...du sujet..;dois je dire...celui d'un Président qui crée la tension, la discrimination et ne permet pas d'honnorer cette inauguration qu'il se devait..la représentation continue dans toute sa splendeur...celle de l'absence aussi parfois..

pol 13/10/2007 19:06

beaucoup oublient de voir leurs racines et l'histoire de leur famille.Je leur dis faites un tour dans votre arbre généalogique, ça vaut pas mal de longs discours
bonne journée