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Il y a fort peu de chances que le présent article remporte auprès de vous, chers lecteurs, autant de suffrages que ceux concernant les parodies de Martine, la politique de Notre Bon
Président ou la chaine des tables de nuit. Mais, après tout, écrire un blog c'est aussi écrire, un peu, pour soi. C'est donc pour cela que je vais vous entretenir d'automobile.
Il n’y a, du moins je le crois, que deux façons d’envisager l’automobile. Celle, désincarnée, qui n’accorde aucune valeur symbolique à cet objet et n’y voit que simplement un moyen pratique de se
déplacer d’un point a à un point b. Et il y a celle, incarnée, qui attribue à la voiture tout un tas d’autres attributs que ce seul pouvoir de déplacement autonome. Et cette vision peut aller
jusqu’à considérer cet objet comme un prolongement de soi, "dis moi ce que tu conduis, je te dirais qui tu es". Les tenants de la vision utilitariste doivent être ravis de l’apparition, dans le
paysage automobile mondial, de véhicules "low cost" du type de la Logan, inventée par Renault et vendue sous l'étiquette de la ressuscitée marque roumaine Dacia. Les partisans de la vision
symbolique doivent, par contre, se réjouir d’un phénomène apparu il y a seulement une petite dizaine d’années maintenant – grâce à la très réussie mais très onéreuse "New Beetle" de
Volkswagen - et qui, en ce mois de novembre 2007, vient sans doute d’atteindre l’un de ses sommets. Je veux parler ici du style "néo-rétro". Car, ce mois ci, deux
évènements viennent de se succéder qui semblent consacrer la victoire de ce style si particulier. Tout d’abord, Mini vient de ressortir son fameux "break de chasse", sous le doux nom de
Mini "Clubman" et, ensuite, la nouvelle "Fiat 500" -
héritière directe du modèle mythique de la marque turinoise - vient d'être nommée "voiture de l'année", une distinction qui, pour la 1ère fois, salue un modèle directement inspiré de
cette école de design.
Si la nostalgie n'est plus ce qu'elle était il semblerait donc que l'orientation "vintage", à l'œuvre dans l'habillement, l'alimentation, la musique ou l'ameublement soit, sous cette appellation
de "néo-rétro" aussi à l'œuvre en automobile. Est-ce parce que les bureaux de style sont en manque d’inspiration? Je n'y crois pas. Bien au contraire, il semble s'agir d’un choix délibéré,
d'une option stratégique qui s'appuierait sur l'adage célèbre voulant que "c'est dans les vieux pots que l'on fait les meilleures confitures". Or faire une voiture, ce n'est pas rien. C'est, au
bas mot, 3 ans de travail minimum avant toute production en chaine et des centaines de millions d'euros engloutis entre la 1ère esquisse et la sortie d'usine du 1er modèle. Il faut donc éviter au
maximum de se tromper et savoir surfer sur les attentes du client potentiel. Et aujourd’hui, réussir en automobile, c’est donc aussi savoir faire du neuf avec du vieux. Car tous les
continents, et bon nombre de constructeurs, sont touchés : l’Europe l’a été en 1er avec Volkswagen, nous l’avons vu, mais depuis Fiat, Alfa Roméo – avec son sublimissime
coupé 8 C Competizione - Mini ou Jaguar,- avec sa nouvelle XK8 qui fait revivre l’incroyable Type E – ont suivi ; l’Amérique du Nord l’a été ensuite, avec la PT Cruiser
sorti par Chrysler il y a quelques années ou le HHR produit il y a peu par Chevrolet, et remonte le temps jusqu’au début des années 50 ; l’Asie l’a été également avec la
bizarroïde Daihatsu Trevis par exemple.
Et les français me direz-vous ? Et bien ils me paraissent bien frileux en l’occurrence. Pourtant eux non plus ne manquent pas de modèles mythiques, de la « 4 chevaux » de Renault,
à la « deuche » de Citroën en passant par l’incroyable Alpine. Mais aucun n’a encore osé réinventer sa propre histoire. Pourtant le "néo-rétro" est bien aujourd'hui un style à part
entière qui connait un réèl succès et qui, comme le montrent les photographies mises en illustration, s'adapte à tout type d'automobile, du cabriolet au break, en passant par la petite citadine,
le SUV ou encore le coupé. Constructeurs français, encore un effort, ressortez la Berlinette A 110, la Deux Chevaux ou la 204. Faites nous rêver.
Ils ont dit