Je souhaitais au départ faire un billet qui soit, en quelque sorte, le frère jumeau
de celui posté précédemment. Il aurait notamment contenu la seconde partie de la liste de mes favoris, une petite centaine, un autre appel – tout aussi important que celui de Marianne mais
moins politique - les artistes présents dans mon mp3 commençant par les lettres E et F ainsi que la vidéo d’un autre but totalement incroyable de M. Valbuena. Mais les séides de la Sarkosie en
ont décidé autrement et me poussent aujourd’hui à vous parler de tout autre chose. En effet, ces derniers jours, nous avons assisté à une accélération des déviances connues depuis que
Notre Bon Président détient la suprême fonction. Au pays de Sa Majesté Bling
Bling 1er, celui où toute direction politique est
invisible et où ne coexistent que déclarations à l’emporte pièce, commissions mal fagotées et lois mal ficelées, réflexion et pertinence semblent avoir quitté les palais de la
République. J’en veux pour preuve, entre autres, trois déclarations faites ces derniers jours, toutes trois aussi incroyables que scandaleuses. Je ne vais pas
revenir ici sur le fait de demander aux enfants de CM2 d’adopter la mémoire
d’un enfant mort lors de la Shoa.
Madame Simone Veil a tout dit là dessus, bien mieux et bien plus légitimement que je ne pourrais jamais le faire. Ni non plus revenir sur les propos concernant de la Directrice de Cabinet de Sa
Majesté Sarkozy, une certaine Emmanuelle Mignon concernant le fait que – je cite - «en France, les sectes sont un non-problème». Là encore d’éminentes personnalités de droite, au premiers rang
desquelles François Fillon et Jean-Pierre Raffarin, se sont chargées d’invalider ces propos sans que j’ai besoin d’en rajouter une couche. Je vais plutôt revenir sur les propos tenus récemment
par Mme Rama Yade et MM. Estrosi et Sarkozy.
Je souhaitais donc, plus modestement, revenir d’abord sur
les propos récents de l’actuelle Secrétaire d’Etat aux droits de l’Homme, Rama Yade. Cette dernière, il y a tout juste une semaine, s’est déclarée lors d’un meeting à
Colombes, victime de racisme de la part de ses opposants politiques. Sans vouloir jouer l’oie blanche de service, car les campagnes électorales sont souvent le lieu de joutes verbales d’une rare
violence, je ne peux cependant que m’étonner d’une telle déclaration. D’abord sur le fond, car il me semble que si quelque propos raciste que ce soit avait pu être décelé chez ses adversaires,
les médias auraient tôt fait – à juste titre - de les récupérer et – à juste titre encore – de les stigmatiser. Or, y compris dans l’organe de la presse quotidienne régionale couvrant le lieu où
elle se présente, il n’est jamais rien remonté de tel. Ensuite sur la forme, car n’est-ce pas Rama Yade elle-même qui, lors de la campagne électorale, reprochait à la candidate PS Ségolène Royal
d’instrumentaliser sa position de femme, déclarant qu’ « il y a mieux à
faire que de se victimiser inutilement » ? Le candidat PS, visiblement estomaqué par cette
attaque, a décidé de ne pas s’en laisser compter. Tout en trouvant désolant que l’UMP en soit – je cite – « rendue à ce niveau » il a d’ores et déjà demandé des excuses publiques et
déclare – je cite encore – « se réserver la possibilité de poursuivre en justice ces propos diffamants ». Nul doute donc qu’il y aura une suite et qu’après avoir accusé, la Secrétaire
d’Etat devra étayer ses propos.
Photo : http://politique.fluctuat.net
Deuxième déclaration à l’emporte pièce, celle faite par un autre Secrétaire d’Etat,
celui à l’outre-mer. Vous connaissez tous désormais l’amour de Christian Estrosi pour les voyages en jet privé réalisés aux frais du contribuable. Mais ce que vous ne savez peut être pas c’est
qu’il adore, comme sa collègue sus-citée, les belles déclarations. La dernière en date vient rien moins que fouler au pied deux des grands principes fondateurs de la République, l’égalité de tous devant la loi et le
droit du sol. Ce vendredi, sur France 2, ce sarkozyste pur
jus a en effet déclaré qu’il envisageait qu'un enfant né de parents en situation irrégulière sur l'île de Mayotte ne puisse plus demander la nationalité française. Cette île, reste de l’ancien
empire colonial français, est depuis des décennies, et plus particulièrement depuis ces dernières années, soumise à une forte pression démographique via un afflux important d’immigrants illégaux
issus principalement des Comores voisines. Le problème est réel, et il doit être étudié. Ce fut déjà le cas en 2006 quand une mission d’information initiée à cet effet avait conclu que plutôt que
de remettre en cause les principes de la République il fallait plutôt « se donner les moyens d'appliquer le droit existant » et d’ « instaurer un état
civil fiable ». Le rapporteur de la mission, Denis Quentin, député UMP de Charente-Maritime de son état, avait alors fait preuve d’une belle foi dans la
capacité de notre Etat à résoudre cette situation sans ajouter – encore une fois – une loi à l’ensemble de notre arsenal juridique. Las, Notre Bon Président et ses partisans sont connus pour
aimer créer du droit, même quand ce n’est pas nécessaire. Faire respecter les
lois existantes avant d’en créer d’autres, surtout quand celles en projet violent les principes sur lesquels
sont fondés notre République, voilà qui devrait être un objectif majeur de ce gouvernement.
Photo : http://www.linternaute.com
Derniers propos, proprement hallucinants ceux-là, ceux tenus par Notre Bon Président lui-même
qui, voyant le Conseil Constitutionnel retoquer une partie de sa loi censée éviter la récidive des criminels les plus dangereux a demandé au 1er Président de la Cour de Cassation
d’étudier tout moyen permettant de passer outre cet avis. Il s’agissait d’appliquer rétroactivement, pour des actes déjà jugés, le principe de la rétention de sûreté en centres fermés à l’issue
de l’incarcération, visant les criminels jugés dangereux. Or cette demande bafoue au moins deux principes intangibles de ce qui est encore notre démocratie. Tout
d’abord, sur le fond, le droit n’a jamais été et ne doit pas être rétroactif. Qu’une personne condamnée demain soit, en plus de sa condamnation à de la prison, soumise au régime du centre fermé à
l’issue de sa peine, soit (même si je ne suis pas d’accord, je m’incline car les élus du peuple l’ont voulu). Mais qu’une personne jugée avant le vote de cette loi se la voit appliquée quand même
relève d’un précédent dangereux. Si la rétroactivité passe en l’espèce, qui l’empêchera de passer plus tard, sur tel ou tel autre sujet ? Ensuite, sur la forme, qu’un Président, qui est
censé être le garant de la Constitution, puisse songer à s’affranchir de celle-ci lorsque bon lui semble est tout aussi, si ce n’est plus, dangereux. Car, comme le rappelle justement Robert
Badinter lui-même, ancien président des Sages du Palais-Royal et ancien ministre de la Justice, le respect des décisions du Conseil Constitutionnel
« s'impose à toutes les autorités de la République selon la Constitution elle-même ». Pour conclure,
j’ai choisi de ne pas revenir ici outre mesure sur les propos de Mme Nadine Morano qui a accusé les socialistes de se mettre – je cite – « clairement du coté des assassins » !
S’ils sont attendus de la part de personnes comme MM. Le Pen ou Mégret, de tels propos sont proprement indécents venant d’une élue prétendument démocrate et républicaine. Ils déshonorent la
politique et ne font, au final, que souiller un peu plus une UMP qui n’en avait pourtant pas besoin. Comme le dit si justement Julien Dray, dont je suis pourtant loin de partager l’ensemble des
points de vue d’habitude, Mme Morano en faisant ces déclarations s’est rangée, elle, « du coté de la bêtise ».
Photo : http://www.lepoint.fr
PS qui
n’a rien à voir : Un adage dit que « la musique adoucie
les mœurs. Or après ce billet plutôt « musclé » je souhaite revenir sur ce que j’écrivais au début pour finalement vous convier à continuer de découvrir toute la musique que j’aime …
Johnny, sors de ce corps ! Pour rappel, par manque de place dans mon baladeur - et aussi parce que j’aime beaucoup passer d’un univers à un autre - il n’y a
toujours dedans qu’un seul et unique morceau de chaque artiste. Et cela que je connaisse cet artiste depuis longtemps - et possède la majeure partie de sa discographie en mp3, sur DVD, sur CD ou
même en vinyles ou en K7 audio (si, si, j’en ai encore !) – ou pas. Dirigeons nous donc, si vous le voulez bien, vers les artistes commençant par les lettres E et
F. Cette fois il n’y aura pas de commentaire de ma part sur les artistes ou les chansons. C’est à vous, comme pour le reste de l’article, de les faire, si le coeur vous
en dit.
Echo Image : Need To Be Proud
El Presidente : Turn This Thing Around
Elvis vs JXL : A Little Less Conversation
EMF : Unbelievable
Eurythmics : Sweet Dreams
Feist : My Moon, My Man
Françoise Hardy : Comment Te Dire Adieu ?
Frank Sinatra : Fly Me To The Moon
Frankie Goes To Hollywood : Relax
Franz Ferdinand : Take Me Out
Dernière minute : Vous avez aimé "Sarko et les racailles sur la dalle d'Argenteuil" ou "Sarko et le marin pécheur récalcitrant", vous adorerez "Sarko et l'agriculteur qui ne voulait pas
qu'on lui serre la main" ... Dire que c'est à cet homme là que nous avons confié le code nucléaire ...
Ils ont dit