"Paris défend les droits de l'Homme partout dans le monde". En ces temps de banderoles assassines, en voici une qui avait plutôt de la
gueule et avait été mise en place devant l'Hôtel de Ville par les élus de la mairie de Paris. Las, les chinois n'ont pas voulu la voir et, au dernier moment, ont demandé aux organisateurs
français de ne plus faire passer le cortège par là, ce à quoi les officiels se plièrent. Mais, fort heureusement, ils en ont vu d'autres les chinois, petite milice vêtue de survêtements bleu et
blanc, de lunettes de soleil et d'oreillettes. Ils ont vu l'étendard de Reporter Sans Frontières flotter fièrement sur la Tour Eiffel et sur la cathédrale Notre Dame. Ils ont vu, de passage
devant le Palais Bourbon, une cinquantaine d'élus de tous bords politiques brandir des drapeaux tibétains et chanter la Marseillaise. Ils ont vu aussi un parcours où les manifestants
furent parfois plus nombreux que les badauds. Ils ont vus encore l'ex flamme olympique, devenue flamme du profit et de la honte se frayer difficilement un passage au milieu des tabassages et
des arrestations. Ils ont vu, sans doute heureux finalement, la France se transformer, après l'Angleterre hier, en simple force d'appoint, en vulgaire milice de leur Chine si remplie de sa
toute puissance qu'elle se permet d'éteindre ou d'allumer la dite flamme quand bon lui semble. Et qu'elle se permet aussi, et surtout, de tenir sous son joug un pays autrefois indépendant et
aujourd'hui encore pacifique. Ne croyez pas en lisant ces quelques lignes que je pratique quelque angélisme que ce soit. J'ai eu, à maintes reprises, l'occasion de m'affronter verbalement avec
des partisans du Tibet libre. Je n'ai jamais été et ne suis toujours en aucune façon favorable au retour à la théocratie rétrograde et phallocrate qui régnait avant l'invasion chinoise.
De même je ne crois pas non plus que nous puissions nous passer de toute relation avec un régime qui, tout dictatorial qu'il soit, représente près d'un terrien sur cinq. Mais, d'un autre coté,
j'en ai plus qu'assez de ces discours hypocrites qui veulent nous faire croire que les Jeux ont été attribués à la chine dans le secret espoir de la voir, enfin, se tourner vers plus de
démocratie. Que nos dirigeants soient clairs, enfin, qu'ils nous disent que ces jeux ne sont plus désormais qu'une grande mascarade, qu'un grand barnum destiné avant tout à promouvoir
les intérêts économiques de telle ou telle autre multinationale! Après tout, que peuvent bien valoir une poignée de tibétains survivants au sein d'un pays où désormais le peuple originel
est en minorité? Et que peuvent bien valoir quelques trop maigres soutiens occidentaux? Pas grand chose, tant que l'argent
rentre ...
Pourtant une solution existe, et elle nous appartient, appeler au boycott des retransmissions en
direct! Rien ne vous empêche de vous intéresser aux JO, aux performances de tel ou tel athlète. Mais, à ce compte là, pourquoi vouloir les regarder en direct? Si tous va bien nous devrions être
abreuvés de résumés et de compte-rendus divers et variés. D'autant que le direct promet d'être sans doute relatif, les chinois étant passés maîtres dans l'art de dissimuler la vérité, comme
nous avons pu tous le voir au travers des retransmissions tronquées qu'ils ont fait ces derniers jours des incidents successifs à Olympie, à Londres et à Paris. Boycottons les
retransmissions en direct!
Claque 2 :
En descendant ce week-end voir ma famille dans le sud, bénéficiant d'un jour de RTT mérité, j'écoutais avec la
plus grande attention, et un plaisir certain, la toujours excellente émission de Jean-Marc Four "Et pourtant elle tourne". Lorsqu'à la rubrique "musique plus" j'ai eu la joie d'entendre un
extrait d'un morceau découvert quelques jours auparavant seulement. Ce morceau, j'en cherchais depuis l'interprète, sans l'avoir découverte. Et voici qu'elle m'était donnée sur un plateau. Il
s'agissait de l'anglaise Aimee-Ann Duffy chantant "Mercy". 23 ans, originaire du pays de Galles, Duffy est aussi blonde
qu’Amy Winehouse est brune. Sa peau a l'air aussi immaculée que celle de l'enfant terrible de la soul anglaise est tatouée. Son attitude est aussi sage que celle de l'interprète du désormais
mythique "rehab" est déjantée. Mais là s'arrêtent les différences car, et c'est bien là l'important, les points communs affluent. Tout comme sa devancière, Aimee-Ann Duffy redonne vie à la
soul et au rhythm and blues, deux styles que l'on croyait perdus dans les volutes de fumée de la fin des années 70. Tout comme la gagnante du Brit Award 2007 de la meilleure chanteuse, elle
a une voix imparfaite mais qui semble animée par ce souffle qui vous emporte loin. Qui vous emporte au fin fond des Etats-Unis, dans les années 60, quand le rêve était encore l'apanage de cette
grande nation et que libération des moeurs et engagement politique commençaient à poindre au pays du maccartisme autrefois triomphant. Certains d'entre vous vont sans doute trouver que,
musicalement, tout cela est trop bien formaté, et ils n'auront pas tort. D'autres vont regretter que, visuellement, le clip ne soit pas plus créatif, engoncé dans une référence aux 60's qui
vient faire doublon avec la musique. Ils auront raison aussi. Reste que depuis que j'ai écouté ce morceau, il ne m'est plus sorti de la tête! A tel point qu'il m'arrive de demander, moi
aussi, pitié ... A vous maintenant de le découvrir, si ce n'est déja fait bien entendu. Et comme la maison ne recule devant aucun sacrifice, je vous propose deux versions, l'une qui n'est autre
que le clip officiel que j'évoquais plus haut et l'autre qui est un enregistrement "live" réalisé sur le plateau de l'émission Taratata. Bon visionnage, et bonne écoute
surtout!
Petit jeu : Les premières mesures "doung doung, doung doung doung, doung, ... doung doung, doung doung doung, doung, ..." ne sont elles
pas là pour vous rappeler quelque chose? Un grand, très grand classique du rhythm and blues ... un poutou à celui ou celle qui trouve!
PS qui n'a rien à voir : Spéciale dédicace à ceux qui aiment le football, le vrai, et qui se sont régalés à regarder le match de
dimanche soir entre les deux olympiques. La flamme y était bien visible et elle était olympienne. Les deux équipes ont proposé un si fort et beau spectacle que l'Equipe a donné au match
la note de 6 sur 6, l'a comparé à un quart de finale de Ligue des Champions et a attribué au double buteur marseillais Mamadou Niang la note de 9 sur 10, rien que ça! Le résumé qui suit, de
11 minutes au total, est à déguster, pour oublier les banderoles et les grafittis insultants, les coups de matraque et les visages en sang, ainsi que la grisaille d'un hiver qui ne veut pas
finir.
Ils ont dit